Les Hautes-Pyrénées dans la Grande Guerre

Département de l'arrière, les Hautes-Pyrénées paraissent bien loin de la ligne de front. Cependant, l'envoi en première ligne de nombreux Bigourdans et le retour des premiers blessés dès les premières semaines du conflit font entrer pleinement les Hautes-Pyrénées dans les réalités de la Première Guerre mondiale.

Outre la mobilisation des hommes, la participation du département à l’effort de guerre par la mobilisation de ses industries et de son agriculture bouleversent la vie locale. Le recours à la main d’œuvre féminine, coloniale ou encore étrangère pour compenser le départ des hommes vers le front, l’inflation et les problèmes de ravitaillement, la multiplication des grèves sont autant de témoignages de la présence de la guerre en Hautes-Pyrénées ;

Autre aspect plus original, le département a également la particularité d’accueillir « ceux de l’autre camp ». Outre la présence d’un camp de prisonniers militaires à Bonnefont, le département dispose d’un camp d’internement situé à Garaison où étaient concentrés des ressortissants civils allemands, austro-hongrois ou encore ottomans résidants en France ou simplement de passage au moment de la déclaration de guerre.

Au travers de cette exposition virtuelle, les Archives départementales vous proposent donc de découvrir, par la présentation de documents d’une grande variété, les réalités d’un département de l’arrière, loin du front mais fortement impacté par le premier conflit mondial :

La mobilisation des hommes

Sur le plan géographique, les Hautes-Pyrénées restent éloignées de la ligne de front. Sur le plan humain, en revanche, elles sont partie prenante du conflit. La mobilisation des Haut-Pyrénéens ainsi que le départ des nombreux régiments en garnison à Tarbes font en effet entrer le département dans un temps d’incertitude et de crainte.

L’arrivée des premiers convois de blessés est, quant à elle, vécue comme une intrusion crue et directe du conflit dans le quotidien des Haut-Pyrénéens tandis que l’annonce des soldats décédés au combat mettent définitivement la guerre au centre leurs préoccupations.

L'économie de guerre et les bouleversements sociaux

Zone principalement rurale, les Hautes-Pyrénées participent au ravitaillement de l’armée. Mais le département s’affirmet également comme un espace à forte activité industrielle. Riche de ses équipements hydroélectriques qui fournissent à l’industrie l’énergie indispensable, le département compte en effet un important réseau d’entreprises qui prennent part à la Défense nationale et dont le symbole demeure l’Arsenal de Tarbes. Un vaste complexe militaro-industriel haut-pyrénéen émerge donc durant cette période secouée par d'importants bouleversements sociaux.

La population restée à l'arrière fait en effet face à une forte inflation ainsi qu'aux réquisitions. Elle doit également pallier à l'absence des hommes partis au front : outre le recours à la main-d'oeuvre étrangère, les femmes assument dès lors de nouvelles tâches et fonctions...

L'Union sacrée au quotidien ?

La mobilisation du pays s’appuie sur une véritable « culture de guerre ». Sa diffusion au sein de la société française est alors assurée par tous les moyens d’information, en particulier la presse. Celle-ci contribue en effet à forger et à consolider « l’Union sacrée » et tolère, dans le contexte de guerre, d’être soumise à la censure.

Toutefois, la durée de la guerre renforce le contrôle sur la presse ce qui provoque des réactions parfois vives de la part des responsables des périodiques, laissant apparaître des signes de dissensions dans les journaux…

Ceux de l'autre camp

La présence de l'ennemi revêt d’abord une forme symbolique : la propagande et la presse locale contribuent à véhiculer l’image de l’Austro-Allemand, le plus souvent qualifié de « boche » et dépein sous les traits d’un barbare sanguinaire.

Mais cette présence est aussi bien concrète : loin du front, mais sous le regard des Haut-Pyrénéens, des camps de prisonniers de guerre austro-allemands sont aménagés dans le département.

A Garaison, des civils originaires des pays adverses et présents en France lors du déclenchement de la guerre sont internés.

Au lendemain de la victoire

Après l’annonce de la victoire, le temps est à la fois à la célébration marquée par le retour des régiments en garnison à Tarbes, la visite du Maréchal Foch, et l’entretien du souvenir des Poilus tombés au front.

Au-delà des honneurs rendus aux soldats et au culte des morts, l’après-guerre est également le temps « du retour à la normale », à la reconversion des industries de guerre et à la démobilisation.

Le moment est venu pour le département des Hautes-Pyrénées de s’intégrer aux grandes transformations économiques et sociales qui animent alors le pays …