Les Mieille, une famille moderne des Hautes-Pyrénées
Les Archives départementales des Hautes-Pyrénées font l'acquisition du fonds Mieille en 2015. A la suite de son classement, l'idée d'une exposition virtuelle s'impose d'elle-même : les Mieille, famille d'enseignants venus s'installer dans notre département au début du XXe siècle, font preuve d'une énergie et d'une modernité surprenantes.
Il faut rappeler à la mémoire collective le souvenir de cette famille tarbaise, tant impliquée pour sa ville et son département. En effet, malgré leurs origines provençales, mais aussi britanniques, les Mieille nous étonnent par leur incroyable esprit pyrénéen. Cette exposition vous propose de plonger au cœur de trois générations de la famille par l’intermédiaire des personnages phares qui ont su marquer leur temps. Si le fonds de la famille est composé d’une grande variété de documents (correspondance, photographies, journaux personnels, documents scolaires, créations artistiques), tous ne nous permettent pas d’avoir un aperçu fiable de chaque membre de la famille.
L’apport d’informations étant parfois partiel, le recours aux sources externes fut nécessaire afin d’approfondir certains sujets. Nous pouvons citer les recherches d’Eric Nicolas qui nous ont permis de retracer le parcours de la famille avant son arrivée dans le département et d’avoir une liste des publications des différents membres. De son côté, Julien Moreau nous a permis de mettre un nom sur de nombreuses photographies non identifiées.
Classement du fonds et exposition réalisés par Marie-Hermine Vigneron, stagiaire et étudiante en Master 1 Information-Documentation à l’Université Toulouse II Jean-Jaurès
Les origines provençales d'une famille de professeurs
Le fonds familial nous informe partiellement sur les membres de famille les plus anciens et leurs activités. Avant de s’installer dans le département des Hautes-Pyrénées, on trouve la famille Mieille dans le sud-est de la France, entre les Alpes et la Méditerranée.
Le premier membre de la famille concerné par le fonds, Pascal Mieille, est originaire d’un petit village provençal, Thorame-Haute. Sa fonction d’instituteur dans le primaire lui permet, ainsi qu’à toute sa famille, de voyager entre les Alpes-de-Haute-Provence, le Var et les Alpes-Maritimes.
C’est le voyage de son fils, Paul Mielle, et celui de ses enfants que nous allons suivre tout au long de cette exposition.
Paul Mieille, professeur et pyrénéiste
Peu de documents concernent Paul Mieille dans ce fonds familial. De lui ne sont en effet conservés que de la correspondance et quelques photographies alors qu'il est sans doute le membre de la famille le plus « notable ».
Afin de pallier ce manque d'informations, nous avons eu recours à des sources externes au fonds. Surprenantes, elles nous révèlent son implication importante pour le département et pour la ville de Tarbes en tant que pyrénéiste engagé de la cause touristique et du scoutisme, faisant de Paul Mieille un personnage remarquable.
Lucien Mieille, artiste de la famille
La Première Guerre mondiale (1914-1918)
La Grande Guerre a durement touché la famille Mieille. La correspondance tenue par Lucien nous permet d'appréhender son parcours durant cette période difficile.
Mobilisé dès août 1914, il incorpore le 18e régiment d'infanterie de Pau. Ses lettres évoquent son équipement et son entraînement et se veulent rassurantes pour sa famille. il part au front le 29 septembre 1914 parmi 25 volontaires prêts à combattres. Ses cartes postales nous permettent de retracer son trajet jusqu'aux abords du Chemin des Dames : son train passe alors par Poitiers, Noisy-le-Sec et Angoulême...
Suzanne Mieille et Lucien Durand-Dastès
Soeur de Lucien, Suzanne Mieille naît le 26 mai 1897 à Nice. Elle poursuit la voie de ses parents et de sa sœur Marie-Louise en entreprenant des études de lettres afin de devenir professeur d’Anglais.
Elle fréquente Lucien Durand-Dastès, un jeune homme originaire de Tarbes, ami de la famille. Celui-ci fait des études de médecine quand la guerre éclate en 1914.
Le couple se fiance en 1917 et se marie à Tarbes au cours de l’été 1920.
Les documents concernant Suzanne et Lucien sont très hétérogènes et nous permettent d’appréhender des aspects originaux de la vie du couple : écrits pyrénéistes, rédacteur-en-chef imaginaire ou encore témoin historique.