Un octogénaire : le bâtiment des Archives départementales
Inauguré en 1937, le bâtiment des Archives départementales célèbre ses 85 ans cette année. Un bel âge pour le (re)découvrir.
Situé rue des Ursulines au coeur du centre administratif de Tarbes, cet édifice, l'un des rares alors en France à être entièrement dédié aux archives, s'affirme par sa modernité.
Au cours des années écoulées, l'évolution du service des Archives départementales a nécessité parfois de profondes modifications organisationnelles. Le nombre croissant d'archives accueillies a également entraîné la saturation des magasins, c'est-à-dire des espaces de stockage et la nécessité d'utilisation de sites annexes de conservation.
Introduction
A compter de leur création en 1796, les Archives départementales sont installées au sein des locaux de la préfecture. L’incendie survenu en décembre 1808 qui provoque la destruction de nombreux documents, entraîne cependant leur transfert au grenier de l’aile gauche de la préfecture. Avec le temps, l’espace de conservation constitué par 6000 mètres de rayonnage est saturé et l’aménagement d’un espace entièrement dédié à la gestion des archives devient nécessaire. Pour pallier cette situation, le Conseil général décide finalement en mai 1936, la construction d’un nouvel édifice.
Inauguré en 1937, le bâtiment des Archives départementales est une réalisation de l’architecte départemental R. Fourcaud. Vanté pour sa modernité, cet édifice se remarque par « sa géométrie rectiligne sans fioritures superflues ».
Un bâtiment imposant
Haut de 5 étages, il écrase alors le quartier composé de maisons et « rivalise avec la flèche de la cathédrale ». Le bâtiment repose ici sur une armature squelettique constituée de poteaux d’acier établis d’un seul tenant du sous-sol au 5e étage, les murs étant alors fixés dessus. Ces derniers en béton ne sont en effet qu’un habillement, la tenue du bâtiment dépendant uniquement de ces poteaux métalliques, technique utilisée alors pour la construction notamment de gratte-ciels.
Soumis à des contraintes techniques, en particulier de poids (le papier pèse lourd), le projet prévoit un équipement en rayonnage d’une capacité de 10 kilomètres.
Une édifice (trop) lumineux
L’importance des ouvertures en façade est également à noter : afin d’obtenir le plus de clarté possible, l’architecte a ouvert les façades au moyen de larges baies… Malheureusement, ce choix architectural, s’il s’avère agréable pour le personnel et le public des Archives, s’affirme en revanche néfaste pour la conservation du papier : une trop longue et forte exposition à la lumière contribue en effet à la dégradation des documents.
Une réalisation ancrée dans son temps
Le recours au style « Arts décoratifs » (« Art déco ») constitue également une autre caractéristique architecturale notable du bâtiment. Celui-ci se remarque notamment dans le mobilier et surtout l’emploi de la céramique sur les sols.
Le bâtiment en chiffres lors de sa construction
- 10120 mètres de tablettes,
- 2400 mètres de poteaux,
- 370 tonnes de ciment, 250 tonnes de chaux, 2800 m3 de gravier et de sable, 35 tonnes d’acier et 42 m3 de bois de coffrage.
Des modifications nécessaires
Depuis l’inauguration du bâtiment, l’agencement intérieur du bâtiment a connu de profondes modifications en raison des évolutions connues par le service telles que l’augmentation du nombre d’agents ou l’accueil accru du public… Certaines voies de circulation ont également été modifiées : l’entrée naguère réservée au public est ainsi devenue celle du personnel.
Le bâtiment dans la presse
« Tous les efforts du réalisateur ont tendu certainement à donner à cet immeuble, le plus de clarté possible et d’y laisser, par de multiples baies, le soleil régner en maître. C’est une sorte de clinique où les parchemins d’autrefois, les innombrables dossiers, les volumes administratifs et notariaux qui s’étiolaient depuis toujours dans des locaux poussiéreux et obscurs, vont pouvoir faire une cure d’air, de soleil et enfin retrouver leur fraîcheur ».
« L’architecte a dû rechercher la solution la plus économique, tout en ne négligeant rien de la solidité, de l’esthétique générale du bâtiment et de ses annexes, de la facilité d’entretien, de la protection contre l’incendie et, éventuellement, contre la chute de bombes légères d’avions ».
La Petite Gironde, 11 janvier 1938 (ADHP, 4 N 42)